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Histoire vécue à BOBO - TIE enfants des rues 2014

 Voyage du 15/01 au 15/02 2014  par Maryvonne et Gérard

27 janvier 2014. Avec Jeanine,  nous partons sur le site de TIÉ. Cette association burkinabé s’occupe des enfants des rues de Bobo..

À notre arrivée, dans la grande cour, cernée d’un mur et plantée d’arbres, une douzaine d’enfants sont présents et nous saluent. La plupart d’entre eux connaissent Jeanine, présidente de l’ association Les Amis de TIÉ . Les éducateurs, Léo, Herman (il est à l’origine de Tié)  Séverine,  une éducatrice qui n’a pas de travail et vient ici bénévolement pour ne pas perdre la pratique, Aimé et Lassina, que nous avons déjà côtoyé. Aujourd’hui, les enfants sont au nombre de 13, mais ça peut monter jusqu’à 29, ils sont âgés de 6 à 18 ans. Pendant que Jeannine parle finances et organisation avec Herman et Lassina, nous restons en compagnie de ces jeunes dans la salle de classe, où des cours d’alphabétisation leur sont donné.

On leur  apprend également des règles d’hygiène, se laver, et laver leurs vêtements, ils leur inculquent les  bases pour vivre en société, afin de leur donner une existence, une réalité auprès de leurs compatriotes.

        Bien que tous ne parlent pas français, nous les questionnons sur leur vie au quotidien, où la violence est partout présente, un enfant nous montre des traces de strangulation, on lui a arraché le portable qu’un toubabou lui avait donné..  pour se protéger, ils de déplacent souvent à deux, un plus grand, et un plus petit. Justement, ils ont pris sous leur protection un jeune sourd-muet qu’ils ont ramené au centre, afin de lui assurer un refuge….

 Pourquoi ces enfants se retrouvent – ils dans la rue ?

       Il y a plusieurs cas de figure : parfois, c’est le décès de la mère de famille, et le remariage avec une autre épouse qui pousse l’enfant rejeté à fuguer, un autre peut se retrouver orphelin, certains enfants viennent du Mali, pays en guerre, ils ont réussi à franchir la frontière, ne sachant plus où sont leurs parents, et d’autres sont tout simplement abandonnés par des familles pauvres, où il y a trop de bouches à nourrir…

       Ils sont très fiers de nous montrer leurs progrès en lecture, nous insistons sur l’utilité de savoir lire, écrire et compter pour avoir des chances de mieux s’en sortir. Nous expliquons que l ‘association Aplus… dont nous faisons partie est heureuse de les aider.

 

 

      Le seul moyen de survie de ces enfants des rues, c’est la vente de mouchoirs en papier et autres petits articles, rendre de petits services, quêter de la nourriture ou récupérer quelques pièces…  Désormais, nous ne verrons plus ces enfants des rues avec le même regard….

       Au cours de notre visite, nous avons eu la démonstration réussie qu’un poulet apporté vivant, peut être tué, plumé, cuit et partagé pour une quinzaine de bouches affamées et gourmandes…

       Suite à cet échange, nous émettons le souhait de participer à une maraude (entrer en contact avec les enfants de rues, se montrer, leur donner confiance, les inciter à venir au Centre pour manger, se laver, dormir…)

28 janvier 19H. Il fait nuit. Séverine, Herman et Aimé,  arrivent à moto, avec Jeanine, on grimpe derrière eux  et en route pour une bien étrange soirée…

          Arrivée dans un quartier pauvre, sorte de ghetto entouré de pans de murs en ruine…vision peu réjouissante, ruelles étroites au sol couvert de détritus et d’ordures . On tente d’ éviter la boue, on n’y voit goutte, les marques de la misère sont là devant nos yeux…et surprise, une espèce de grand hangar, transformé en salle de cinéma, avec des bancs… les éducateurs nous expliquent, des films en DVD sont projetés là et tournent toute la journée, du matin jusque tard dans la nuit, moyennant 50cfa ( 7 centimes d’euros….) pour voir un film. C’est un lieu de repos et d’évasion qui permet à chacun de se reprendre dans la journée, de sommeiller en toute sécurité, il en existe dans différents quartiers de la ville… les enfants des rues les fréquentent régulièrement, c’est pourquoi nous sommes venus ici.             Nous nous rendons ensuite à la gare centrale de SITARAIL.  Là, quelques jeunes connus des éducateurs ( 16, 18 ans) engagent la conversation. Absents lors de notre visite à Tié,  leurs copains ont parlé de nous et ils sont sensibles au fait que l’on s’intéresse à leur cas… on traîne, on sillonne le coin, ah, là dans le fossé, une forme est allongée, on s’approche, ce n’est qu’un vieil homme  qui doit avoir abusé du dolo…

      Cela fait plus de deux heures que l’on rôde, et il faut se rendre à l’évidence, on ne fera rien de plus ce soir, nous rentrons donc et on se sépare devant notre hôtel, la prochaine maraude est pour jeudi…nous souhaitons bon courage aux éducateurs, et …bonne nuit !

 

Gérard et Maryvonne